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Hygiène de l'eau et commande de rinçage

Comment fonctionne le rinçage hygiénique automatique : intervalle, durée, type de déclenchement, temporisation initiale

   
L'essentiel

Un rinçage hygiénique est une ouverture programmée de la vanne à un point de puisage, destinée à remplacer l'eau qui stagnait dans une branche peu utilisée. Quatre réglages décrivent la plupart des régimes : la fréquence du rinçage, sa durée, le fait qu'une utilisation par l'usager réinitialise ou non le compteur, et le moment où le programme démarre après la mise en service. L'intervalle est défini par le régime propre au site ; la durée est dérivée du volume de la branche et du débit réellement disponible au point de puisage.

Intervalles courants
24, 48, 72heures
Configurables. Il n'existe pas de fréquence unique admise pour tous les bâtiments et toutes les juridictions.
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Ce qu’est un rinçage hygiénique

Rien d’inhabituel ne se produit pendant un rinçage hygiénique. Un compteur atteint zéro, le contrôleur ouvre l’électrovanne au point de puisage, l’eau coule pendant une durée déterminée, la vanne se ferme, et le compteur recommence à décompter.

Ce sont les réglages qui en font l’utilité. Un même contrôleur peut piloter un robinet de sanitaire selon un régime de 72 heures et une douche dans une installation qui reste vide pendant des mois, avec le même matériel et une configuration différente. L’appareil, la vanne, l’alimentation électrique et la tuyauterie diffèrent bien entendu d’une installation à l’autre.

Les quatre réglages

Cycle fixe et cycle selon usage
Mise sous tension Intervalle Retard au démarrage Fixe Durée Puisage Selon usage Sauté L'intervalle est réarmé Temps
Un cycle fixe se déclenche à intervalle constant. Un cycle selon usage réarme l'intervalle lorsque le point de puisage est utilisé, si bien que le rinçage prévu est sauté et que le suivant se décale.

Intervalle : la fréquence des rinçages

Le compteur de cycle définit l’intervalle entre deux rinçages. Lorsqu’il atteint zéro, la sortie s’active, puis le compteur se réinitialise et recommence à décompter.

Dans la pratique, 24, 48 et 72 heures sont les intervalles les plus souvent rencontrés sur le terrain, et un intervalle hebdomadaire se trouve sur les équipements de secours, où une activation d’entretien est programmée en parallèle de l’essai requis. Il n’existe pas de fréquence unique et universellement admise selon les bâtiments et les juridictions ; l’intervalle doit donc découler du programme de gestion de l’eau du site et des recommandations qui s’y appliquent. Régler le cycle sur zéro désactive le rinçage hygiénique, ce qui importe pour les produits livrés vers des marchés où la fonction n’est pas souhaitée.

Durée : le temps d’ouverture

La durée détermine combien de temps la vanne reste ouverte une fois le cycle déclenché.

C’est le réglage le plus souvent mal fixé, parce que la valeur tend à être estimée au jugé. Elle peut au contraire être calculée.

  1. Calculer ou estimer le volume immobilisé dans la branche entre le point de puisage et l’endroit où l’eau circule.
  2. Établir le débit au point de puisage dans des conditions représentatives du fonctionnement normal, par mesure ou à la mise en service.
  3. Lorsque la pression du réseau varie sensiblement, dimensionner sur le débit minimal crédible plutôt que sur le cas le plus favorable, ou maîtriser la pression.
  4. Diviser le volume par le débit et ajouter une marge.

Une durée inférieure à cette valeur ne renouvellera ou ne diluera qu’une partie du volume immobilisé, sans atteindre le remplacement complet pour lequel le régime est conçu. Au-delà de l’échange calculé, le bénéfice pour le temps de séjour de l’eau s’estompe rapidement ; un rinçage nettement plus long ne fait donc pour l’essentiel qu’augmenter la consommation d’eau, et le coût énergétique lorsque l’eau est chauffée ou tempérée. Une durée prolongée n’est pas inutile dans tous les cas, car un rinçage plus long peut évacuer de la branche des dépôts et des particules non fixés ; mais il s’agit là d’un objectif différent, à choisir délibérément plutôt qu’à atteindre en fixant une valeur généreuse.

Une fois le volume et le débit établis, le contrôleur se contente de répéter l’ouverture programmée, sans qu’une mesure de débit permanente soit nécessaire. Cela suppose que le débit réel reste raisonnablement proche de la valeur relevée à la mise en service : un changement de pression du réseau, une vanne d’isolement partiellement fermée ou un mousseur encrassé sont donc une raison de vérifier à nouveau le réglage plutôt que de le considérer toujours valable.

Type de déclenchement : cycle à intervalle fixe ou déclenchement asservi à l’usage

Un cycle à intervalle fixe s’exécute selon son intervalle indépendamment de l’usage. Un déclenchement asservi à l’usage réinitialise le compteur de cycle à chaque utilisation par l’usager, de sorte que l’intervalle court depuis la dernière utilisation plutôt que depuis le dernier rinçage.

Le déclenchement asservi à l’usage évite les cycles sur des points de puisage déjà utilisés, ce qui réduit la consommation d’eau. L’ampleur de cette économie dépend du moment où les activations tombent par rapport au cycle, non de leur nombre : une seule utilisation tardive dans un cycle peut reporter un rinçage de l’intervalle entier, tandis qu’un groupe d’utilisations en une matinée change peu de chose.

La réinitialisation traite toute utilisation par l’usager comme équivalente à un rinçage, ce qui, sur le plan hydraulique, n’est vrai que si l’utilisation a effectivement renouvelé le volume immobilisé.

Une activation brève sur une branche longue reporte le rinçage tout en laissant en place l’essentiel de l’eau immobilisée, et des utilisations brèves répétées peuvent le reporter indéfiniment, de sorte que raccourcir l’intervalle ne borne pas le pire cas. Comparer une utilisation type au temps de renouvellement calculé pour ce point de puisage. Là où l’utilisation normale dure au moins aussi longtemps, le déclenchement asservi à l’usage se comporte comme prévu. Là où elle est régulièrement plus courte, utiliser un cycle à intervalle fixe, qui ne fait aucune hypothèse sur ce que les usagers ont fait. Une logique de commande qui ne réinitialiserait le compteur qu’après une durée ou un volume minimal, ou qui imposerait un intervalle maximal que l’usage ne peut reporter, résoudrait directement ce point ; mais il s’agit là d’une option de conception à spécifier, non d’une caractéristique acquise.

Le cycle à intervalle fixe n’est pas l’option la moins performante. Là où le programme du site impose un intervalle fixe devant s’exécuter indépendamment de l’usage, ou là où chaque point de puisage doit être configuré de manière identique et simple à décrire, le cycle à intervalle fixe est la solution la plus simple à spécifier et à documenter.

Temporisation initiale : le point de départ du programme

La temporisation initiale retient le premier cycle pendant une durée déterminée après la mise sous tension ; elle s’applique une seule fois.

Sa fonction est pratique. La mise en service a lieu pendant la journée de travail, de sorte que, sans décalage, le premier rinçage et ceux qui suivent tendent à se produire pendant les heures d’occupation. Les clients signalent que des activations diurnes inattendues sont perçues comme un dysfonctionnement et génèrent des appels de service. Une temporisation de douze heures réglée lors d’une mise en service à 14 heures déplace le premier cycle à 2 heures du matin. Le fait de rétablir l’alimentation électrique relance le compteur de la temporisation, ce qui permet de rétablir le décalage après une intervention de maintenance.

Ce que fixe la temporisation, c’est le point de départ du programme, non une heure fixe de la journée : cette heure ne se maintient que si le cycle correspond à un nombre entier de jours et que l’appareil reste sous tension, et, en cas de déclenchement asservi à l’usage, toute utilisation ultérieure décale le rinçage suivant par rapport à la dernière activation.

Rincer les points de puisage ensemble ou séparément

Une cinquième décision se superpose aux quatre réglages, et elle relève de l’installation plutôt que de l’appareil : celle de faire fonctionner les points de puisage selon des cycles indépendants ou communs.

Décaler les temporisations initiales dans un bâtiment répartit la demande et évite qu’une colonne entière ne soit sollicitée à la même minute. Le décalage est réglé à la mise en service comme tout autre paramètre, et il s’applique là où les cycles coïncideraient sinon sans qu’il y ait de raison à cela.

Le groupement s’applique dans un cas plus restreint. Le renouvellement d’une branche est affaire de volume et de durée, et un débit modeste y parvient s’il est maintenu assez longtemps. Lorsque le régime applicable ou la conception hydraulique impose une vitesse d’écoulement cible dans une canalisation commune, ou lorsque le trajet de l’écoulement ne peut être démontré autrement, un seul point de puisage peut ne pas suffire à lui seul, et l’ouverture simultanée de plusieurs points de puisage devient alors le moyen d’y parvenir. Établir que cette condition s’applique avant d’en faire la base de la conception.

Ce n’est pas une technique sans coût. L’ouverture simultanée ne fonctionne que si l’alimentation peut fournir la demande cumulée. Dans une installation sous-dimensionnée pour cela, partiellement entartrée ou dégradée par ailleurs, il peut en résulter une chute de pression, des mitigeurs thermostatiques déséquilibrés, des dépôts remis en suspension et une eau colorée. Quelle que soit l’approche retenue, il s’agit d’une question hydraulique propre à l’installation considérée, à trancher avant de configurer les cycles plutôt qu’après.

Les temporisations autour du rinçage

Les réglages de rinçage fonctionnent aux côtés des temporisations qui régissent l’usage normal.

Temps de marche

Le temps de fonctionnement pour une activation par l’usager, distinct de la durée de rinçage, de sorte qu’une pression sur la commande et un rinçage programmé peuvent avoir des durées différentes.

Flow time
Temps de sécurité

Limite la durée pendant laquelle le contrôleur maintient une activation en cours et met fin à une commande qui ne s’est pas arrêtée alors qu’elle aurait dû le faire. Il ne peut pas arrêter une eau entraînée par quelque chose d’extérieur à la logique de temporisation, comme une vanne mécaniquement bloquée ou un étage de sortie défaillant ; il limite donc une catégorie de défaillance plutôt que de garantir que le point de puisage est à sec.

Security time
Temps de verrouillage

Définit un délai d’attente entre deux activations, utilisé là où l’eau ne doit être disponible qu’à intervalles.

Lock time
Temporisation d'entrée et de sortie

La temporisation d’entrée exige un contact bref et soutenu avant que la sortie ne réponde ; elle filtre les entrées brèves et non intentionnelles, et c’est le réglage à augmenter lorsqu’un appareil est installé dans un lieu soumis à des vibrations inhabituelles. La temporisation de sortie retarde la sortie après la pression sur la commande, pour les applications qui l’exigent.

Delay in / Delay out

Modes de fonctionnement

La manière dont le point de puisage répond à une pression sur la commande est un choix distinct du régime de rinçage, et trois modes couvrent la plupart des équipements.

Marche-arrêt. Une pression ouvre la vanne, une seconde pression la ferme, le temps de sécurité servant de filet de sécurité si personne n’appuie à nouveau.

Programmé. Une pression ouvre la vanne pendant le temps de marche, puis elle se ferme d’elle-même. Le choix habituel pour les sanitaires publics et partout où la consommation doit être limitée.

Programmé avec marche-arrêt. Une pression démarre le temps de marche, une deuxième le met en pause, une troisième le reprend, la séquence étant bornée par le temps de sécurité. Utile dans les douches, où les usagers interrompent l’écoulement sans vouloir perdre leur allocation.

La fonction de rinçage est distincte de ces trois modes : elle a sa propre durée et son propre déclenchement, et elle ne modifie pas la manière dont le point de puisage répond à un usager. La seule interaction est volontaire, en mode de déclenchement asservi à l’usage, où une activation par l’usager réinitialise le compteur de rinçage.

Vannes et alimentation électrique

Le type de vanne détermine le profil énergétique de l’installation.

Consommation : monostable et bistable
Temps Courant Ouverture Fermeture Monostable Maintenue ouverte Bistable Impulsion Aucune consommation entre les impulsions
Une électrovanne monostable consomme du courant pendant toute la durée d'ouverture. Une électrovanne bistable est actionnée par une impulsion à chaque extrémité du cycle et ne consomme rien entre les deux.

Une électrovanne monostable est maintenue ouverte électriquement pendant toute la durée de l’activation. Sur alimentation secteur, cela est rarement déterminant, mais cela influe tout de même sur le dimensionnement de l’alimentation, la température de la bobine et le facteur de marche de la vanne. Sur batterie, c’est coûteux, car chaque seconde de chaque rinçage consomme du courant.

Une électrovanne bistable est actionnée par une impulsion et conserve sa position sans courant entre deux impulsions. Pour les installations censées fonctionner pendant des années sur batterie, c’est une exigence et non une préférence.

Un contrôleur capable de piloter les deux types de vanne relève d’un choix d’architecture plutôt que d’un choix d’alimentation. Il permet à la même électronique de servir un produit alimenté sur secteur et un produit alimenté sur batterie sans modification matérielle, ce qui importe davantage à un fabricant disposant d’une gamme qu’à une installation isolée.

Le courant absorbé au repos constitue l’autre moitié du budget énergétique. Un contrôleur de rinçage passe presque toute sa vie en attente ; dans une installation à faible sollicitation, l’énergie consommée à l’arrêt domine donc généralement le total, et c’est le courant absorbé au repos qui la détermine. Ce n’est pas le seul élément à prendre en compte. Le courant actif, l’énergie consommée par impulsion et par activation, la fréquence des activations, la capacité et la chimie de la batterie, la température et l’autodécharge entrent tous dans le même calcul. Rinçage sur batterie traite ce point en détail.

Exemples de réglages

Un robinet de sanitaire dans un immeuble de bureaux. Mode programmé avec un temps de marche limité. Type de déclenchement asservi à l’usage, cycle de 72 heures, durée dérivée de la branche. Dans un bureau très fréquenté, le rinçage s’exécute rarement ; pendant une période de congés, il s’exécute selon le programme sans que personne n’ait à parcourir le bâtiment.

Une douche dans une installation saisonnière. Mode programmé avec marche-arrêt pour les usagers. Le déclenchement asservi à l’usage convient à la plupart de ces sites, car l’utilisation normale pendant la saison est précisément ce qui doit reporter un rinçage, et pendant les mois de fermeture, le cycle s’exécute de toute façon selon son intervalle. Choisir le cycle à intervalle fixe là où le programme du site impose un intervalle fixe devant s’exécuter indépendamment de l’usage. Cycle compris entre 24 et 72 heures, durée suffisante pour que l’eau parvienne jusqu’à la pomme de douche, temporisation initiale réglée pour que les cycles débutent la nuit.

Une douche de sécurité ou un lave-œil. Ici, l’activation programmée est une fonction d’entretien et doit rester distincte du fonctionnement d’urgence. Un équipement conçu selon ANSI/ISEA Z358.1 est destiné à délivrer le liquide de rinçage pendant 15 minutes complètes, avec une vanne qui reste ouverte jusqu’à sa fermeture volontaire ; le dispositif de commande ne doit donc jamais imposer de coupure programmée sur le circuit d’urgence. Une activation automatique hebdomadaire élimine l’eau immobilisée dans l’alimentation et actionne la vanne, ce qui est utile en soi. Elle ne confirme pas à elle seule que le liquide de rinçage a atteint la pomme, que le jet était conforme, ou que l’équipement est par ailleurs en état de fonctionner ; cela nécessite toujours une observation ou un retour d’information approprié. Là où aucune alimentation secteur n’atteint l’équipement, le dispositif fonctionne sur batterie avec une électrovanne bistable.

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