Exigences d'accessibilité pour la robinetterie, les douches et les commandes de chasse : le cadre européen et l'ADA comme point de comparaison
Les règles d'accessibilité régissent la manière dont une robinetterie, une commande de douche ou une commande de chasse est actionnée, et non son aspect. Le cadre européen, la norme EN 17210, formule cette exigence comme un objectif fonctionnel et qualitatif, sans fixer de valeur chiffrée. Faute de valeur chiffrée européenne, la limite américaine de l'ADA, 22,2 newtons, sert de point de comparaison quantifié largement cité : une commande doit pouvoir être actionnée d'une seule main, sans préhension serrée, sans pincement ni rotation du poignet.
- Maximum ADA 309.4
- 22,2N
- Actionnable d'une seule main, sans préhension serrée, pincement ni rotation du poignet.
- Boutons d'ascenseur AS 1735.12
- 3,5 à 5N
- Une plage avec minimum, là où des symboles tactiles figurent sur la face du bouton.
- Robinets temporisés ADA
- 10secondes
- À commande manuelle. Les robinets à déclenchement par mouvement n'y sont pas soumis.
Dans cette section
Le cadre européen
La norme EN 17210, publiée en 2021 et actuellement en cours de révision, est la première norme européenne complète en matière d’accessibilité et d’utilisabilité du cadre bâti. Son caractère diffère des ADA Standards sur un point qui compte pour la conception : elle énonce des exigences fonctionnelles et des recommandations formulées comme des objectifs de protection, non comme des limites chiffrées. Elle indique ce qui doit être accessible, non quelle valeur respecter. Des normes nationales subsistent à ses côtés, notamment la série DIN 18040 en Allemagne, dont certaines parties ont été remplacées par la norme européenne et dont l’harmonisation avec celle-ci se poursuit sous la primauté du droit allemand, ainsi que la BS 8300 au Royaume-Uni, aux côtés de la réglementation locale de la construction.
La limite de force de l’ADA comme point de comparaison
Les ADA Standards for Accessible Design de 2010 traitent la poignée d’un robinet, une commande de douche et une commande de chasse comme des commandes (operable parts), régies par la section 309.
- Pousser
- Appuyer
- Levier
- Toucher
- Préhension serrée
- Pincement
- Rotation du poignet
La section 309.4 est la clause qui détermine la plupart des choix de conception. Une commande doit pouvoir être actionnée d’une seule main, ne doit exiger ni préhension serrée, ni pincement, ni rotation du poignet, et ne doit pas nécessiter plus de 5 livres de force, soit 22,2 newtons.
La section 309.3 situe la commande dans les zones d’atteinte de la section 308, et la section 309.2 exige un espace de plancher libre conforme à la section 305 ; la commande doit donc être à la fois atteignable et approchable. La section 606.4 applique ces exigences aux commandes des lavabos et des éviers. Séparément, les robinets temporisés à commande manuelle doivent rester ouverts au moins 10 secondes ; les recommandations de l’US Access Board appliquent cette règle aux robinets temporisés à commande manuelle ou tactile et précisent que les robinets à déclenchement par mouvement n’y sont pas soumis.
Douches, baignoires et salles de bain collectives
La section 606.4 couvre les commandes des lavabos et des éviers. Les douches et les baignoires sont traitées séparément, et l’une comme l’autre renvoient à la même exigence de fonctionnement tout en ajoutant des contraintes sur l’emplacement de la commande.
Pour les baignoires, la section 607.5 place les commandes autres que les bondes de vidange sur une paroi d’extrémité, entre le rebord de la baignoire et la barre d’appui, et entre le côté ouvert de la baignoire et l’axe médian de sa largeur. Les commandes elles-mêmes doivent être conformes à la section 309.4.
Pour les cabines de douche, la section 608.5 exige que les commandes, la robinetterie et les pommes de douche soient conformes à la section 309.4, puis fixe leur emplacement selon le type de cabine. Dans une cabine de type transfert, elles sont placées sur la paroi latérale opposée au siège, entre 38 et 48 pouces (96 à 122 cm) au-dessus du sol de la douche et à moins de 15 pouces (38 cm) de l’axe du siège, du côté de l’ouverture. Dans les cabines standards et les cabines à accès de plain-pied de type alternatif, elles se situent au-dessus de la barre d’appui, à 48 pouces (122 cm) maximum, avec une position définie par rapport au siège lorsqu’il en existe un.
Les salles de bain publiques et institutionnelles suivent les mêmes exigences techniques, et ce sont les règles de champ d’application qui déterminent le nombre d’installations concernées. En vertu de la section 213.3.6, lorsque des baignoires ou des douches sont prévues, au moins une doit être conforme à la section 607 ou 608. Cette règle s’applique aussi dans les salles de bain collectives, y compris lorsque les douches sont séparées par des cloisons pour préserver l’intimité. Les recommandations de l’US Access Board confirment que, lorsque des douches collectives sont installées, une douche pleinement conforme est requise, et qu’une cabine de type transfert ou une cabine à accès de plain-pied peut être intégrée à un ensemble de douches collectives.
Un vestiaire équipé d’une douzaine de pommes de douche sur un mur n’a besoin que d’un seul emplacement conforme, avec une commande respectant la section 309.4 à une hauteur définie, les autres emplacements ne portant aucune exigence de ce type. L’installation est donc mixte plutôt qu’uniforme, si bien qu’un modèle de commande unique, configurable et pouvant être monté aussi bien à l’emplacement conforme qu’aux emplacements ordinaires, correspond mieux à cette réalité que deux produits distincts.
La conformité est un seuil, l’utilisabilité n’en est pas un
Il vaut la peine de distinguer deux notions que la documentation produit confond régulièrement.
La conformité aux 22,2 newtons est binaire. Une commande respecte l’exigence ou ne la respecte pas, et l’une qui fonctionne à une fraction de la limite n’est pas plus conforme qu’une autre qui la satisfait tout juste. Affirmer le contraire déforme le fonctionnement de la norme.
L’utilisabilité n’est pas binaire. La valeur de 22,2 newtons est un maximum fixé pour exclure les commandes déraisonnablement difficiles à actionner ; ce n’est pas une affirmation selon laquelle chacun peut fournir 22,2 newtons. Une commande nécessitant nettement moins de force est utilisable par un plus grand nombre de personnes, y compris celles dont la force de préhension est significativement réduite, et elle laisse une marge pour un mécanisme qui se raidit au fil de sa durée de service. C’est un avantage de conception réel, qui doit être défendu sur ce terrain plutôt que comme une allégation de conformité.
L’autre moitié de la section 309.4 n’est pas du tout une valeur chiffrée, et elle exclut des catégories entières de matériel, aussi légères soient-elles à actionner. Les recommandations de l’US Access Board indiquent explicitement que les poignées rondes nécessitant une préhension complète de la main et une rotation, y compris les commandes de douche rondes, ne sont pas conformes, car le poignet doit tourner. Les poignées à levier et les commandes à pression respectant la limite de force sont acceptables, et les mêmes recommandations précisent que les boutons en saillie ou affleurants sont plus faciles à utiliser que les boutons encastrés.
Une force plus faible n’est pas toujours préférable
L’argument qui précède vaut lorsque l’utilisateur sait où se trouve la commande. Il ne vaut pas partout, et l’exception compte, car elle s’applique à une autre catégorie de commande accessible.
Certaines normes d’accessibilité fixent une plage de force plutôt qu’un plafond. La norme australienne AS 1735.12, norme d’accessibilité des ascenseurs adaptée de l’EN 81-70, exige que, lorsque des symboles tactiles figurent sur la face d’un bouton, la force nécessaire à son actionnement ne soit ni inférieure à 3,5 newtons ni supérieure à 5 newtons.
Ce minimum est délibéré. Un utilisateur aveugle ou malvoyant trouve une commande en parcourant le panneau du doigt et en lisant le marquage tactile du bout des doigts. Une commande qui s’active au moindre contact se déclenche pendant qu’on la cherche, ce qui rend inutilisable une légèreté d’actionnement pourtant bien intentionnée. Ce seuil minimal existe pour que le bouton puisse être repéré avant d’être actionné.
La force d’actionnement dépend donc de l’application, plutôt que d’être une valeur à minimiser. Sur un robinet ou une commande de douche, où l’utilisateur atteint une position connue et appuie de façon délibérée, une force faible élargit la population en mesure de l’utiliser. Sur un panneau que l’utilisateur doit explorer au toucher, une commande a besoin d’une résistance suffisante pour être explorée sans se déclencher. Une commande dont la force se règle par configuration plutôt que d’être fixée par un mécanisme peut répondre aux deux cas ; une commande qui ne le permet pas, ne le peut pas.
Ce qui décide aussi si quelqu’un peut utiliser la commande
La force est une propriété parmi d’autres, et les autres sont déterminées en partie par la commande elle-même et en partie par son installation.
Une commande physique occupe une position fixe, qui peut être apprise et repérée au toucher. C’est nécessaire, mais non suffisant, pour un utilisateur aveugle ou malvoyant : une surface affleurante sans repère tactile, sans arête ni marquage est difficile à trouver même lorsque sa position est fixe, de sorte que la facilité à la trouver dépend autant de l’appareil et de son intégration que de la commande elle-même. Les commandes sans contact posent la même question autrement, puisqu’un champ de détection est invisible et que son étendue doit être découverte. Aucune des deux approches ne résout la question à elle seule.
La détection par intensité infrarouge réfléchie dépend de la quantité de lumière renvoyée, de sorte que les surfaces à faible réflectivité peuvent renvoyer un signal trop faible pour déclencher la commande de façon fiable, et le teint de la peau, les vêtements, la lumière ambiante et les surfaces réfléchissantes proches peuvent affecter la détection. Ce mode de défaillance est documenté, et il relève de la mise en œuvre plutôt que du fonctionnement sans contact en tant que tel : les conceptions classiques ajustent la sensibilité par un gain matériel réparti sur un petit nombre de paliers, ce qui amplifie le bruit en même temps que le signal, tandis qu’un gain numérique finement réglable avec calibration en temps réel resserre l’écart entre une cible facile à détecter et une cible difficile. Les recommandations de l’US Access Board indiquent que les robinets sans contact conviennent à un large éventail d’utilisateurs ; il s’agit donc d’une question à poser à propos d’un produit précis, non d’une raison d’éviter la catégorie. La question utile à poser au fabricant porte sur la manière dont le gain et la calibration sont gérés, et sur l’ampleur de la variation de la distance de détection entre une cible claire et une cible sombre.
Les commandes mécaniques évoluent avec l’usage, la friction d’une cartouche augmentant à mesure que les joints vieillissent et que le tartre s’accumule. L’exigence s’applique à l’appareil en service, non sur un banc d’essai, de sorte qu’une commande mesurée confortablement dans la limite à la réception peut en dériver plus tard sans rien de visiblement changé. Une commande sans pièce mobile dans la chaîne d’actionnement n’a pas de mécanisme d’usure équivalent, même si l’ensemble installé qui l’entoure continue de vieillir. C’est un argument spécifiquement dirigé contre l’actionnement mécanique ; les commandes sans contact n’ont pas non plus d’usure d’actionnement.
Les sanitaires et les espaces de douche sont mouillés, tout comme les mains des utilisateurs. Un levier mouillé peut être plus difficile à actionner pour une personne à la préhension faible, même si un levier peut souvent être poussé plutôt que saisi. La détection optique a sa propre difficulté, car l’eau sur la main ou sur la lentille modifie ce que reçoit le détecteur. L’actionnement piézoélectrique à force répond à la pression exercée sur la surface plutôt qu’au contact de la peau ou à la lumière réfléchie, de sorte qu’un doigt mouillé, une main gantée ou une jointure fonctionnent de la même façon qu’un doigt sec. La détection tactile capacitive est une technologie différente et ne partage pas cette propriété.
Autres marchés, la même question posée différemment
Des exigences d’accessibilité existent dans la plupart des marchés où RNC vend, et elles ne prennent pas toutes la même forme. La différence compte lorsqu’un même produit est vendu sur plusieurs d’entre eux.
États-Unis. Les ADA Standards ont ceci d’inhabituel qu’elles fixent une valeur chiffrée stricte pour la force d’actionnement, et elles s’appliquent par le biais de la législation sur les droits civiques plutôt que par un seul code de la construction, ce qui explique que cette valeur soit aussi largement citée.
Canada. La référence est la norme CSA/ASC B651, Accessible design for the built environment. Sa sixième édition, CSA/ASC B651:23, a été publiée en janvier 2023 et a remplacé l’édition de 2018. Elle est développée conjointement par Accessibility Standards Canada et le CSA Group, elle est citée dans le National Building Code et dans d’autres textes, et sa révision actuelle comportait des recommandations mises à jour sur les commandes. Son caractère contraignant dépend de la juridiction et du type d’établissement.
Australie. La référence est la norme AS 1428.1, Design for access and mobility, general requirements for access in new building work, dont l’édition de 2021 remplace celle de 2009. Elle acquiert un poids réglementaire par le biais du National Construction Code et des Premises Standards. Elle traite directement de la robinetterie, couvrant la hauteur, l’atteinte, le marquage et la protection anti-brûlure, ce qui place la limitation de température à l’intérieur même de l’exigence d’accessibilité plutôt que de la traiter comme une question de plomberie séparée. Pour les commandes d’ascenseur, c’est en revanche la norme AS 1735.12 qui s’applique, adaptée de l’EN 81-70, et c’est elle qui est à l’origine de la plage de force décrite plus haut.
D’autres marchés maintiennent leurs propres normes nationales d’accessibilité, avec leur propre champ d’application et leurs propres limites.
Ce qui diffère et ce qui ne diffère pas
Débarrassés de leurs différences de forme, ces documents couvrent le même terrain. La commande doit se trouver à portée et être approchable. Elle doit pouvoir être actionnée par une personne à la fonction manuelle limitée. Et la force nécessaire ne doit pas exclure des personnes qui, sinon, pourraient utiliser l’appareil.
Ce qui diverge, c’est tout ce qui entoure la commande. Les hauteurs de montage et les zones d’atteinte diffèrent. Les dimensions de l’espace libre diffèrent. La signalétique et le marquage diffèrent. Le fait que la protection anti-brûlure relève ou non de la norme d’accessibilité diffère. Ce sont des décisions d’installation et de configuration.
La commande elle-même peut donc généralement rester commune d’un marché à l’autre, tandis que l’appareil qui l’entoure est adapté marché par marché. Lorsque la commande est programmable, il en va de même pour son comportement : une durée d’écoulement temporisée peut être réglée selon ce qu’exige la règle applicable plutôt que d’être fixée par une cartouche, et lorsque la limitation de température relève de l’exigence d’accessibilité, une commande configurable permet de la satisfaire plus facilement.
Ce qu’un composant peut faire et ne peut pas faire
La conformité en matière d’accessibilité relève de l’appareil tel qu’installé, et du bâtiment qui l’entoure. Un interrupteur, une vanne ou une commande n’est, en lui-même, ni conforme ni non conforme.
Ce qu’un composant détermine, c’est la force d’actionnement, le fait que l’actionnement exige ou non une préhension ou une rotation, le caractère affleurant ou encastré de la surface, la constance de sa réponse selon les utilisateurs, et la possibilité de régler la durée d’écoulement. Ce qu’il ne détermine pas à lui seul, c’est la facilité à le trouver, l’atteinte, l’espace de plancher libre, la hauteur de montage et le marquage, qui dépendent tous de l’appareil et de l’installation. Un fabricant qui conçoit un produit accessible a besoin des deux moitiés, et doit pouvoir indiquer la force d’actionnement de sa commande comme une valeur mesurée plutôt que comme une allégation.
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