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Hygiène de l'eau et commande de rinçage

Points de puisage peu utilisés et intermittents : hôtels, écoles, installations sportives et établissements de soins

   
Sanitaire collectif vide, trois lavabos suspendus et leurs miroirs, propre et inoccupé.
Rien ici ne paraît anormal, et c'est bien la difficulté. Le temps de séjour de l'eau ne se voit pas.
L'essentiel

Les points de puisage peu utilisés sont ceux où le temps de séjour de l'eau s'accumule, et ils peuvent en général être identifiés avant que quoi que ce soit ne tourne mal. Le travail consiste à les repérer, à établir quelle branche alimente réellement chacun d'eux, puis à décider comment l'eau de cette branche est renouvelée. Le rinçage automatique est l'un des moyens d'y parvenir, et c'est celui qui ne dépend pas de la mémoire de quelqu'un.

Moyens de renouveler l'eau
Quatre
L'usage, un régime de purge manuel, les modifications de tuyauterie et le rinçage automatique. Non exclusifs.
L'unité du recensement
La branche
Ce qui compte n'est pas quels points de puisage sont utilisés, mais quelles longueurs de canalisation voient de l'eau y circuler.
Durée
Volume ÷ débit
Dérivée du volume immobilisé dans la branche et du débit disponible au point de puisage, plus une marge.
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Ce qui définit un point de puisage peu utilisé

Pas un point inutilisé. Un point de puisage définitivement hors service est un problème de tuyauterie, et la réponse consiste alors en sa suppression plutôt qu’en un rinçage.

Le cas difficile est celui du point de puisage qui est utilisé, mais pas assez souvent ni assez régulièrement pour que l’eau de sa branche soit renouvelée dans le délai propre au site. Cela inclut les points de puisage fortement utilisés certains jours et pas du tout pendant une quinzaine, ce qui constitue un cas plus difficile qu’un point de puisage faiblement mais régulièrement utilisé.

Quelques exemples courants, qui sont des exemples et non une liste à traiter systématiquement : la chambre d’hôtel qui reste non réservée pendant deux semaines en saison creuse. Le sanitaire situé au bout d’un couloir, que l’on dépasse pour se rendre à un autre plus proche. Le bloc de douches d’un établissement fréquenté deux soirs par semaine. Le second évier d’un laboratoire, installé pour un procédé qui a depuis changé. Le robinet d’un local technique utilisé uniquement lors des opérations de maintenance. Un sanitaire dont l’usage mesuré ou observé montre qu’il est rarement fréquenté. Les douches de sécurité et les lave-œil, qui sont, par construction, presque jamais utilisés.

Le schéma est le même dans tous les cas : l’équipement existe pour un usage qui se présente rarement, ou l’occupation du bâtiment a changé depuis sa conception.

Les douches se distinguent dans cette liste. Un point de puisage qui pulvérise l’eau produit un aérosol pouvant être inhalé, et l’inhalation constitue la principale voie par laquelle la légionelle atteint les poumons, même si l’aspiration d’eau contaminée est également reconnue. Certaines réglementations nationales rattachent leurs obligations de contrôle spécifiquement aux installations desservant des douches ou d’autres points de puisage où l’eau est pulvérisée. Un robinet peu utilisé et une douche peu utilisée peuvent présenter le même volume d’eau immobilisé dans la branche terminale ; ils ne présentent pas pour autant le même profil d’exposition. Les blocs de douches des écoles, des installations sportives et des hébergements saisonniers constituent le cas le plus critique, car ils pulvérisent l’eau et peuvent rester inutilisés pendant des périodes prolongées.

Bloc de douches collectif vide, une rangée de pommes de douche sur un mur carrelé, sol sec et canalisations d'alimentation apparentes sous le plafond.
Là où un point de puisage qui pulvérise l'eau reste de surcroît inutilisé hors saison, les deux risques se cumulent.

Une occupation partielle est plus difficile qu’une fermeture complète

Un bâtiment entièrement fermé est le cas simple. Tout le monde sait qu’il est fermé, il existe une procédure de mise à l’arrêt et une procédure de remise en service.

Un bâtiment occupé à soixante pour cent est plus difficile, car rien ne paraît anormal. L’installation a été dimensionnée pour une occupation complète ; à occupation réduite, le débit dans les collecteurs et les colonnes montantes diminue, l’eau séjourne plus longtemps dans l’installation avant d’atteindre quiconque, et les points de puisage suffisamment utilisés à l’occupation de dimensionnement deviennent désormais limites.

Personne ne déclare cet état, si bien que personne ne déclenche de procédure pour y répondre.

Il en va de même pour une aile mise hors service pour rénovation pendant que le reste du bâtiment fonctionne normalement, pour un étage loué à un locataire qui n’a pas encore emménagé, et pour une école en période scolaire où un bloc sportif est utilisé deux fois par semaine.

Repérer les points de puisage

Le recensement n’est pas compliqué, mais il doit être fait correctement, et les deux erreurs courantes méritent d’être nommées.

Recenser les points de puisage, pas les canalisations

Ce qui compte n’est pas de savoir quels points de puisage sont utilisés, mais quelles longueurs de canalisation voient de l’eau y circuler. Deux robinets placés côte à côte peuvent se trouver sur des branches différentes.

Des suppositions plutôt que des informations

Le personnel d’entretien, les responsables de service, les gardiens et le personnel d’étage savent en général quels points de puisage personne ne touche. Lorsque le bâtiment dispose de données d’usage, c’est encore mieux.

Un point de puisage fortement utilisé en bout de ligne peut maintenir en mouvement toute une branche, tandis qu’un point faiblement utilisé plus proche de la colonne montante ne contribue en rien à la branche située au-delà.

Colonne montante Peu utilisé Fortement utilisé Renouvelé lorsque le point de puisage proche coule Renouvelé lorsque le point de puisage en bout de ligne coule Cette longueur stagne tant que le point de puisage en bout de ligne ne coule pas
Ce qui compte n'est pas quels points de puisage sont utilisés, mais quelles longueurs de canalisation voient de l'eau y circuler. L'unité du recensement est la branche.

Le résultat doit être une liste des points de puisage, de la branche qui alimente chacun d’eux, d’une estimation du volume immobilisé dans cette branche, et d’une appréciation de la fréquence réelle d’utilisation. C’est sur cette liste que repose tout régime de rinçage, et sans elle, le régime relève de la conjecture, simplement assortie d’un calendrier.

Les moyens de renouveler l’eau

Quatre moyens, non exclusifs les uns des autres.

L'usage

Le meilleur résultat, là où il peut être organisé. Déplacer un point café, modifier un circuit de nettoyage, ou réattribuer des chambres de manière à concentrer l’occupation plutôt qu’à la disperser peut supprimer le problème plutôt que de le gérer.

Un régime de purge manuel

Le personnel se rend aux points de puisage identifiés et les fait couler. Ses dépendances sont l’effectif, l’exécution effective, et un relevé qui peut être reconstitué par la suite.

Les modifications de tuyauterie

Supprimer les portions de canalisation devenues inutiles, redimensionner une branche surdimensionnée, ou reconfigurer le raccordement d’un point de puisage pour que l’eau y circule au lieu de s’y arrêter. Coûteux sur le moment, et permanent par la suite.

Le rinçage automatique

Une vanne au point de puisage, pilotée par une temporisation, qui renouvelle l’eau de la branche selon un calendrier. La mise en service, la vérification et la maintenance restent un travail humain.

Définir un régime adapté au point de puisage

L’intervalle découle du programme de gestion de l’eau du site et des recommandations qui s’y appliquent. La durée doit être calculée et non estimée au jugé : calculer le volume immobilisé dans la branche, établir le débit disponible au point de puisage dans des conditions représentatives, diviser, puis ajouter une marge. Lorsque la pression du réseau varie, dimensionner sur le débit minimal crédible.

Deux propriétés propres aux points de puisage peu utilisés influent particulièrement sur ce calcul.

Une utilisation irrégulière rend un cycle asservi à l’usage moins fiable qu’il n’y paraît. Un cycle qui se réinitialise chaque fois que le point de puisage est utilisé suppose que cette utilisation a renouvelé l’eau de la branche, ce qu’une utilisation brève sur une longue branche ne fait pas. Lorsque l’utilisation habituelle est plus courte que le temps de renouvellement, un cycle à intervalle fixe évite entièrement cette hypothèse.

Et sur un point de puisage mitigé, déterminer quelle branche le cycle renouvelle réellement, car l’eau mitigée peut ne pas renouveler complètement la ligne chaude ni la ligne froide, et sur un point de puisage peu utilisé, c’est précisément là l’eau qui est restée immobile.

Rincer plusieurs points de puisage à la fois

Le renouvellement de l’eau dans une branche est affaire de volume et de durée, et un débit modeste y parvient s’il est maintenu assez longtemps. Le groupement s’applique à un cas plus restreint : lorsque le régime applicable ou la conception hydraulique impose une vitesse d’écoulement cible dans une canalisation commune, ou lorsque le trajet de l’écoulement ne peut être démontré autrement. Ouvrir plusieurs points de puisage simultanément augmente le débit et peut atteindre une vitesse qu’un seul point de puisage ne peut atteindre.

Ce n’est pas sans coût. L’ouverture simultanée ne fonctionne que si l’alimentation peut fournir la demande cumulée. Dans une installation sous-dimensionnée pour cela, partiellement entartrée ou dégradée par ailleurs, il peut en résulter une chute de pression, des mitigeurs thermostatiques déséquilibrés, des dépôts remis en suspension et une eau colorée. Déterminer si un rinçage groupé est approprié est une question hydraulique propre à l’installation considérée, à évaluer plutôt qu’à présumer.

Lorsqu’aucune condition de vitesse ne s’applique, décaler les cycles dans le bâtiment répartit la demande et évite qu’une colonne entière ne soit sollicitée à la même minute.

Ce que le relevé doit démontrer

Certains programmes de gestion de l’eau exigent des preuves, et la discipline utile consiste à préciser ce que chaque dispositif permet de démontrer.

Un régime de purge manuel produit un registre, et une activation observée par une personne peut attester de l’écoulement et de l’état de l’équipement. Un contrôleur qui remonte les événements produit un relevé, généré de manière fiable, qu’un cycle a été commandé à un instant donné ; ce relevé n’atteste ni du mouvement de la vanne, ni de l’écoulement de l’eau. Un signal de température montre la réponse thermique attendue, ce qui constitue une preuve solide à l’appui du renouvellement. Une mesure de débit montre que l’eau a effectivement franchi le point de mesure.

Ce sont des types de preuves différents, non un classement, et le choix dépend de ce que le site doit pouvoir démontrer.

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