Température, protection anti-brûlure et hygiène de l'eau au point de puisage
La maîtrise de l'hygiène maintient l'eau chaude chaude et l'eau froide froide, tandis que la protection anti-brûlure limite la température délivrée au point de puisage ; l'eau mitigée qui en résulte se trouve entre les deux dans la canalisation, en aval du mitigeur thermostatique. Son volume dépend de l'emplacement du mitigeur, ce qui explique pourquoi la maîtrise de la température et le rinçage doivent être conçus ensemble, et non séparément.
- Recommandations britanniques
- 50 / 55°C
- À l'appareil en sortie en moins d'une minute, et dans les établissements de santé.
- Règles techniques allemandes
- 60 / 55°C
- À la sortie du chauffe-eau et en circulation.
- Maximum en sortie BS 8300
- 43°C
- Mitigeurs de lavabo et de douche.
Dans cette section
Deux exigences en sens contraire
Les règles d’hygiène vont toutes dans le même sens, même si elles diffèrent dans le détail. L’eau chaude est stockée et mise en circulation chaude, et l’eau froide reste froide, afin que l’essentiel de l’installation demeure hors de la plage où la prolifération s’accélère. Les valeurs chiffrées varient selon le marché et le document de référence : les recommandations britanniques exigent que l’eau chaude atteigne l’appareil en sortie à 50 degrés en moins d’une minute, à 55 degrés dans les établissements de santé, avec une eau froide maintenue en dessous de 20 degrés, tandis que les règles techniques allemandes fixent 60 degrés Celsius à la sortie du chauffe-eau (Trinkwassererwärmer) et au moins 55 degrés en circulation.
La protection anti-brûlure agit en sens inverse, au point d’usage. Les recommandations britanniques identifient un risque de brûlure pour les usagers vulnérables au-delà de 44 degrés aux sorties de baignoire et de douche. La norme BS 8300, la norme britannique relative à la conception accessible et inclusive, fixe un maximum de 43 degrés aux mitigeurs de lavabo et de douche, tout en exigeant que la canalisation de circulation en amont reste maintenue chaude. En Amérique du Nord, les codes de plomberie de référence (model plumbing codes) imposent que les mitigeurs de douche et de baignoire-douche comportent un moyen de limiter le réglage maximal à 49 degrés, au moyen de mitigeurs conformes à la norme ASSE 1016, et limitent l’eau tempérée aux postes de lavage des mains publics à la même valeur, au moyen d’un dispositif conforme à la norme ASSE 1070. Les recommandations applicables aux établissements de santé fixent, dans certaines juridictions, des limites encore plus basses pour des configurations et des types d’appareils particuliers.
Ces valeurs proviennent de documents différents, à la portée différente, et ne doivent pas être lues comme une échelle unique. Ce qu’elles ont en commun, c’est la structure du problème : l’installation est délibérément chaude, le point de puisage délibérément ne l’est pas, et quelque chose se trouve entre les deux.
Ce que régissent les normes de mitigeur thermostatique
Le dispositif qui résout ce conflit est un mitigeur thermostatique avec sécurité anti-brûlure, et les normes qui le régissent sont bien établies.
La norme BS EN 1111 régit les mitigeurs thermostatiques à pression normale, et la norme BS EN 1287 régit les mitigeurs basse pression. Le programme TMV2 certifie des mitigeurs conformes à ces normes pour un usage domestique et commercial courant, tandis que le programme TMV3, aligné sur la spécification NHS D08, s’applique aux établissements de santé et exige davantage du mitigeur en matière de comportement en mode défaillant et de durabilité. Les recommandations britanniques relatives à l’accessibilité renvoient directement à ces normes, en exigeant que la température de sortie soit maîtrisée par un mitigeur thermostatique conforme à l’une d’elles.
La norme ASSE 1017 régit le mitigeur thermostatique centralisé, qui n’est explicitement pas destiné à délivrer l’eau directement à un usager. La norme ASSE 1016 régit les mitigeurs à compensation automatique installés sur les douches individuelles et les combinaisons baignoire-douche, assurant à la fois une protection anti-brûlure et une protection contre les chocs thermiques. La norme ASSE 1070 régit les dispositifs limiteurs de température au point d’usage, assurant une protection anti-brûlure sans traiter le choc thermique ; son protocole d’essai rejette tout dispositif dont la température de sortie dépasse 49 degrés en cas de variation de température.
Ce que toutes ces normes régissent, c’est le mitigeur lui-même : sa précision, sa réactivité et son comportement en cas de défaillance de l’alimentation. Ce qu’aucune d’elles ne régit, c’est ce qu’il advient de l’eau une fois sortie du mitigeur.
La branche d’eau mitigée
En aval d’un mitigeur thermostatique, l’eau n’est ni chaude ni froide. Selon la consigne de température, le temps de séjour et la vitesse à laquelle la canalisation perd sa chaleur, elle peut se situer dans la plage qui favorise la prolifération de la légionelle et d’autres micro-organismes hydriques, et elle s’y trouve chaque fois que le point de puisage n’est pas utilisé.
Le volume d'eau mitigée est faible, et un puisage le renouvelle rapidement.
Le volume d'eau mitigée subsiste entre deux utilisations, et c'est l'eau que l'usager reçoit en premier.
Sur une installation bien conçue, ce volume est faible, car le mitigeur est proche du point de puisage. Lorsqu’un même mitigeur thermostatique centralisé dessert plusieurs équipements par une canalisation prolongée, le volume d’eau mitigée peut être important et subsiste entre deux utilisations. Le mitigeur lui-même accumule également des dépôts, ce qui explique que les régimes d’entretien couvrent aussi bien le mitigeur que la canalisation.
Le constat technique est simple : installer un mitigeur thermostatique pour maîtriser le risque de brûlure introduit en aval un volume d’eau mitigée qu’il faut ensuite gérer. La réponse, du point de vue de la conception, consiste à maintenir ce volume aussi faible que l’installation le permet, et à s’assurer qu’il est renouvelé.
Où la température est mesurée, un point déterminant
Un détail des recommandations britanniques mérite d’être intégré à tout cahier des charges, car il change ce qu’une mesure signifie réellement.
Les recommandations exigent que l’eau chaude atteigne l’appareil en sortie à 50 degrés en moins d’une minute après l’ouverture. Lorsque cet appareil est un mitigeur thermostatique, cette température est mesurée à l’entrée d’eau chaude du mitigeur et non à sa sortie, et un mitigeur TMV2 nécessite une alimentation en eau chaude d’au moins 55 degrés pour fonctionner correctement.
Une installation conforme peut donc délivrer une eau tiède au robinet tout en satisfaisant l’exigence d’eau chaude en amont. Quiconque vérifie des températures doit savoir de quel côté du mitigeur la mesure est prise, et tout dispositif de surveillance doit détecter la température à un endroit où la mesure a un sens.
L’accessibilité abaisse encore la température de sortie
Lorsqu’un équipement est conçu pour l’accessibilité, les limites en sortie se resserrent, et dans certains marchés, l’exigence figure directement dans la norme d’accessibilité plutôt qu’à côté d’elle.
Les recommandations britanniques relatives à l’accessibilité fixent le maximum en sortie pour les mitigeurs de lavabo et de douche, tout en exigeant que la canalisation de circulation reste maintenue chaude, le même conflit énoncé dans un seul document. En Australie, la norme AS 1428.1 traite directement la robinetterie (tapware), y compris les dispositions anti-brûlure, si bien que la limitation de température fait partie de la conception accessible plutôt que d’une décision de plomberie distincte.
La conséquence pratique est que les équipements accessibles tendent à présenter les températures de sortie autorisées les plus basses d’un bâtiment, ce qui représente le plus grand écart entre l’objectif d’hygiène et l’objectif de délivrance. La fréquence d’utilisation de ces équipements est une question qui relève du bâtiment, non de l’indication portée sur la porte. Exigences d’accessibilité pour la robinetterie, les douches et les commandes de chasse traite du côté actionnement de ces équipements.
Ce que cela implique pour le rinçage
Un puisage mitigé prélève de l’eau sur les deux branches, et peut ne renouveler complètement ni l’une ni l’autre. L’ouverture d’un point de puisage mitigé prélève une partie de son volume sur la branche chaude et une partie sur la branche froide, dans une proportion fixée par le mélange. Le renouvellement de l’une ou l’autre branche dépend de cette proportion, du volume de chaque branche, ainsi que du débit et de la durée du puisage. La première étape consiste à déterminer quelle quantité d’eau le puisage mitigé retire réellement de chaque branche. L’actionnement séparé des circuits chaud et froid est une architecture qui répond à cette insuffisance lorsque la voie mitigée ne peut démontrer le renouvellement nécessaire ; certains systèmes traitent pour cette raison le rinçage de la ligne froide comme une fonction distincte. Ce n’est pas une exigence automatique.
La température est un critère d’arrêt pratique, utilisé dans plus d’un pays. Les recommandations britanniques préconisent de rincer jusqu’à ce que la température en sortie se stabilise et devienne comparable à celle de l’alimentation, le raisonnement étant qu’une température comparable indique que l’eau immobilisée a été remplacée. La pratique allemande utilise le même critère, exprimé comme un rinçage jusqu’à stabilité de la température (Temperaturkonstanz). L’intérêt technique est qu’une température de sortie stable constitue une preuve observable que l’eau de l’alimentation a atteint le point de puisage, ce qu’une durée fixe, à elle seule, ne permet pas d’établir. La détecter plutôt que l’estimer suppose un capteur de température.
La désinfection thermique doit franchir le mitigeur. Un régime de désinfection qui élève la température du système se heurte au dispositif dont la fonction est justement d’empêcher l’eau chaude d’atteindre le point de puisage. Quel que soit l’arrangement retenu, un mitigeur doté d’un mode désinfection, un bipasse, ou une intervention manuelle, le résultat requis est qu’un usage normal ne puisse avoir lieu tant que le point de puisage délivre une eau supérieure à sa limite habituelle. C’est une fonction de sécurité du produit et de l’installation, conçue en tenant compte d’un comportement en mode défaillant, qu’un simple état de commande ne suffit pas à assurer.
La vérification exige le bon point de mesure. Dans le prolongement du point précédent, une mesure de température prise en aval d’un mitigeur thermostatique ne permet pas de vérifier l’alimentation en eau chaude, et une mesure prise en amont ne permet pas de vérifier ce que reçoit réellement l’usager.
Ce que la commande doit permettre de faire
Il s’agit de fonctions conditionnelles, et non d’un socle obligatoire ; celles qui s’appliquent dépendent de l’architecture retenue.
Lorsque les branches chaude et froide doivent être renouvelées indépendamment, la commande doit pouvoir les actionner séparément, et non uniquement par la voie mitigée.
Lorsque le critère d’arrêt est une température mesurée plutôt qu’une durée fixe, elle a besoin d’une entrée de température et de la capacité d’exécuter un cycle jusqu’à l’atteinte d’une condition.
Lorsque le site pratique une désinfection thermique, elle doit pouvoir être commandée pour entrer dans un état de désinfection et en sortir, dans un dispositif qui empêche tout usage normal tant que cet état est actif.
Lorsque des relevés sont exigés, elle doit distinguer un cycle commandé d’une réponse thermique mesurée, et rendre compte en conséquence.
Un robinet de lavabo sur une courte branche mitigée n’a besoin de rien de tout cela. Une douche dans un établissement de soins où la désinfection fait partie du régime peut avoir besoin de tout cela à la fois. L’intérêt de cette liste est que ce sont des décisions à prendre au moment de la spécification, difficiles à ajouter à un équipement après coup.
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